FABLES DE FLORIAN
Les 110 apologues du premier fabuliste après La Fontaine
 
Livre de famille « où ce qui est droit et honnête n'est jamais sacrifié à l'esprit et au désir de plaire », selon la formule du célèbre éditeur et auteur de romans pour la jeunesse Pierre-Jules Hertzel (1814-1886), la réédition des Fables de Jean-Pierre Claris de Florian (1755-1794) que nous proposons rassemble les 110 apologues par lui composés, accompagnés chacun d'une illustration qui ravira assurément petits et grands, et dont les morales de certains ont traversé le temps pour venir jusqu'à nous : ainsi des maximes « Pour vivre heureux, vivons cachés » (Le Grillon), « Notre intérêt est toujours la boussole que suivent nos opinions » (Le Hibou, le Chat, l'Oison et le Rat), « La beauté, ce présent céleste, ne peut, sans les talents, échapper à l'ennui » (La Tourterelle et la Fauvette), « Chacun son métier, les vaches seront bien gardées » (Le Vacher et le Garde-chasse) et « Le suffrage d'un sot fait plus de mal que sa critique » (La Fauvette et le Rossignol), ou encore des expressions « Éclairer sa lanterne » (Le Singe qui montre la Lanterne magique) et « Rira bien qui rira le dernier » (Les deux Paysans et le Nuage).
 
Préfaçant une réédition des fables de Florian, le littérateur et auteur dramatique du XIXe siècle Honoré Bonhomme avance que, de même qu'on a mis Regnard, comme poète comique, à côté de Molière, de même on a dit que Florian, en tant que fabuliste, occupait le premier rang après La Fontaine, vulgarisant, démocratisant, si l'on peut dire, l'apologue, en le rendant accessible à tous les âges, surtout à l'enfance et à la jeunesse, souvent fort embarrassées de comprendre, de goûter dans toute sa saveur le langage hybride du plus célèbre moraliste français, lequel est semé de mots tombés en désuétude et de tours surannés. Avec Florian, ajoute-t-il, aucune obscurité, aucune équivoque n'est possible ; tout est simple, limpide, transparent, saisissable : il est plus près de nous. C'est le langage éminemment français, avec sa logique implacable, sa saine raison et dans toute sa pureté.
 
Selon Hertzel, qui rédigea en 1842 sous le pseudonyme P.-J. Stahl la préface d'une réédition des Fables de Florian, la pensée y est si chaste, l'esprit si parfaitement honnête, la forme si attentive, qu'elles semblent avoir été écrites presque uniquement en vue des jeunes lecteurs. Et pourtant il n'en est rien, ajoute-t-il en dénonçant le vivace préjugé consistant à croire que pour convenir aux enfants, un livre doit être fait dans des conditions telles que l'âge mûr n'y puisse trouver son compte.
 
Les fables d'Ésope, de La Fontaine, de Florian, et autres célèbres fabulistes, sont ordinairement données aux enfants pour les amuser et leur donner le goût de la lecture, en leur insinuant de bonne heure les principes de morale, de douceur, de justice et de bonté, qui doivent servir de base à leur éducation, lit-on dans l'avertissement d'un Choix de Fables publié en 1826 par Pierre Mongie l'aîné. Et où, en effet, trouver ces derniers exprimés d'une manière plus pittoresque et mieux encadrés que dans ces petites histoires que les enfants aiment tant et qui se gravent si facilement dans leur tendre mémoire ? s'interroge en 1870 l'auteur et éditeur Henri de Suckau dans Fables de Florian suivies d'un choix de fables de Lamothe et de l'abbé Aubert. Où trouver, renchérit-il, un cours de morale en action mieux approprié au jeune âge et plus facile à retenir, que dans ces petits drames intimes dont les plus longs sont renfermés en deux pages ? Sans compter qu'au point de vue de l'instruction, les fables ne sont pas un champ moins fertile à exploiter, en raison des données historiques, géographiques, mythologiques et littéraires et des notions d'histoire naturelle qu'elles véhiculent.
 
« Tous ceux qui ont fait des fables, depuis La Fontaine, ont l'air d'avoir bâti de petites huttes sur le modèle et au pied d'un édifice qui s'élève jusqu'aux cieux : la hutte de M. de Florian est construite avec plus d'élégance et de solidité que les autres, et les domine de quelques degrés », confie le critique littéraire et bibliothécaire Jean-Joseph Dussault (1769-1824). Ce sont les mille et un trésors nichés au creux de cette hutte que nous invitons le lecteur à débusquer.
 
226 pages / Format 15x23 cm / Prix : 24 €
Paru en 2017
 
OU

 
Titres de la collection « Au Temps Jadis »


Format 15x23 cm. 226 pages

Livraison gratuite et en 72h pour la France métropolitaine
Europe : 6 € / Monde : 9 €


Un langage éminemment français
Un style simple, limpide, saisissable